OLIVIER GOURVIL

«Comment la parole vient aux peintures»

par Olivier Gourvil
du 16/02/2012 au 26/03/2012

Comment les peintures se mettent à parler, à faire parler? Quelle parole le spectateur leur adresse et vient chercher en elles?
Ce titre est donc une invitation faite au spectateur. À regarder. À parler. Même si aucun commentaire ne doit venir à bout d’une peinture.
Des tableaux récents ainsi que des dessins, sont exposés pour la première fois à l’Hôtel Elysées Mermoz.

Olivier Gourvil

L’anthropomorphisme de Gourvil filtre à travers un immense répertoire de structures-signes, dont certaines dérivent de signes urbains ou corporels comme on en voit dans la bande dessinée ou les arts graphiques. Certaines formes dans ses tableaux rappellent des plans d’architecture, des modules de design préfabriqués, les galbes de certains graffitis ou encore des éléments de la peinture moderne, qu’il entrelace généralement avec d’énergiques lignes de démarcation de volumes schématiques et de joyeuses protubérances et volutes organiques. L’accent mis sur la spatialité du dessin et la netteté de la ligne aboutit à une présentation quasi-iconique de la forme: événements condensés au centre, forme concentrée, connotations anthropomorphiques. Si l’on associe d’ordinaire l’icône à l’idée de ressemblance (dans le contexte usuel, c’est la copie d’un original divin, offrant un lien concret à cet original, faisant donc suite à un transfert de présence), dans la peinture de Gourvil cette donnée implicite se trouve renversée. À travers les processus du dessin (qui devient peinture), l’artiste veut révéler des formes et des connotations fécondes qui ne se fondent pas sur un modèle original sous-jacent. La forme iconique dans ce contexte renferme sans doute diverses allusions, mais elle en revient à sa propre matérialité, sa propre clarté d’image gardée à l’esprit.

David Ryan, «Presque mais pas tout à fait», 2009, ed. Analogues.

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