OLIVIER GOURVIL

Comment la parole vient aux peintures

Après Charlotte Puertas, l’Hôtel Elysées Mermoz accueille l’artiste Olivier Gourvil, pour son exposition «Comment la parole vient aux peintures», du 16 février au 26 mars 2012. Rencontre avec un artiste confirmé fascinant.

Thelonious, 2009, huile et acrylique sur toile, 163x138cm

Art Ensuite – Comment êtes-vous devenu artiste?

Olivier Gourvil: J’ai commencé à peindre à l’âge de 14-15 ans. J’avais organisé dans ma chambre un coin atelier; mes parents étaient sensibles au monde de l’art, ce qui m’a forcément influencé et aidé à poursuivre dans cette voie. J’ai finalement fait des études d’architecture pendant 2 ans, mais je me suis vite rendu compte que les contraintes imposées par ce métier ne me correspondaient pas. Ce qui est amusant, c’est que ma femme est architecte! Nous partageons ainsi ce même goût pour la construction, l’espace, la peinture. Par la suite, j’ai remarqué que j’étais intéressé par des artistes qui font le pont entre deux courants, comme par exemple l’allemand Kurt Schwitters, à la fois peintre, typographe, poète et, on dirait aujourd’hui performeur. Je suis fasciné par les artistes qui ont affirmé une telle ouverture, ce qui indique une liberté.

2011, huile et acrylique sur toile, 41 x 51 cm

Art Ensuite – Vous exposez pour la 1ère fois dans un hôtel. Quelles contraintes avez-vous rencontré?

O.G.: C’est très agréable de sortir des circuits habituels que sont les galeries et les centres d’art. Un hôtel qui est un lieu habité impose des contraintes par rapport au respect du mobilier, à l’éclairage aussi, ce qui peut changer les effets de perspective. En fait, cela équivaut à exposer dans une maison, alors qu’une galerie n’est pas habitée. J’ai rencontré Olivier Breuil par le biais de Soo-Kyoung Lee qui a déjà exposé à l’hôtel, et qui exposera d’ailleurs juste après moi. Je trouve le projet Art Ensuite très intéressant, car l’hôtel joue le rôle d’une galerie en mettant en relation un réseau, et surtout, en le constituant. L’Elysées Mermoz renouvelle ainsi le genre. J’apprécie ce qui est montré; c’est une véritable démarche qui émane d’un choix et d’un engagement.

Duende, 2008 huile et acrylique sur toile 188x132cm

Art Ensuite – On parle d’art graphique, de plans d’architecture et même, de bande dessinée pour qualifier votre travail. Pouvez-vous nous en dire plus?

O.G.: Une œuvre a une histoire; on peut la prendre par pleins d’entrées. Mon travail s’est constitué de différentes recherches, courants, attitudes et formes. J’ai été particulièrement intéressé par le Pop Art dans sa rencontre avec l’abstraction. Dans mes tableaux, je représente des figures, abstraction et figuration se mêlent. Les gens y projettent des signes contemporains qu’ils ont pu voir dans leur environnement; et c’est par là que la parole vient aux peintures. D’ailleurs, titrer un tableau le modifie non pas formellement, mais il est augmenté d’idées. Chaque titre capte des signes présents dans le tableau, mais chacun reste libre d’y voir ce qu’il veut. J’utilise peu de couleurs car je recherche la simplicité, ce qui du reste n’est jamais simple. Je pars de dessins réalisés très rapidement, et c’est la base de mes peintures. Il arrive souvent qu’un dessin soit oublié pendant plusieurs mois, avant de retomber dessus par hasard, pour le transformer en tableau. Le geste est ainsi dans le dessin mais est enregistré dans la peinture.

Hilla, 2011, huile et acrylique sur toile, 100 x 70cm

Exposition «Comment la parole vient aux peintures», du 16 février au 26 mars 2012 à l’Hôtel Elysées Mermoz.

Vernissage le 16 février 2012 à 19h.

A l’Hôtel Elysées Mermoz

30, rue Jean Mermoz

75008 Paris

France

T.: +33 (0)1 42 25 75 30