Margaret Dearing

Entretien avec Margaret Dearing

Exposition Erosions de Margaret Dearing à l’Hôtel Elysées Mermoz, du 24 mai au 31 août 2012.

Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles et de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, Margaret Dearing est née en 1979 à Paris, où elle vit et travaille.

Principales expositions: Rencontres Photographiques de Solignac, 2012; Intervalle, Galerie du Pavillon, 2011; Mois Off de la photographie, Paris, 2010; Faux Raccord, Galerie 19, Angers, 2010; Galerie du Haut-Pavé, Paris, 2008; Fallen, F-stop International Photography festival, Leipzig 2008; Niveau O, Galerie de l’Erban, Nantes, 2008; Yokohama VDO COLLECTION 07, Red Brick Ware House, Yokohama, Japon, 2007.

1- Te souviens-tu de ta 1ere photo?

Si je ne me souviens pas de ma première photographie, c’est parce qu’il n’y a pas eu pour moi de découverte à un moment T de la photographie, celle-ci étant toujours largement utilisée pour enregistrer des moments importants. C’est la réalisation que le médium photographique pouvait devenir un moyen d’expression artistique qui fut marquante.

2- Où travailles-tu? Comment commence le travail sur une photo?

Je photographie beaucoup de quartiers construits depuis les années 60, souvent en périphérie, dans les villes nouvelles, qui sont pour moi des exemples de réponses à des problèmes d’urbanisme, de logements, associés à l’époque de leur conception à l’idée de progrès social. Je m’interroge sur la pérennité de ces réponses.

Si j’ai souvent l’intuition de ce que je cherche à photographier, la pratique de la photographie est pour moi inséparable d’une forme d’exploration urbaine et du paysage. Je travaille souvent avec des repérages, et j’ai souvent besoin de retourner plusieurs fois dans les lieux identifiés comme intéressants. C’est une forme de fascination pour ceux-ci qui me donne envie de les photographier.

Le travail sur une photographie continue par un temps consacré à la regarder, à la choisir, afin d’identifier si celle-ci mérite de s’intégrer à un corpus d’image plus vaste. Parfois c’est une photographie marquante qui l’initie. Je date une photographie non par rapport au moment de la prise de vue, mais en fonction du moment où je décide qu’elle fera partie d’une ensemble construit.

3- Si tu dois retenir une oeuvre qui reste une source d’inspiration et de motivation dans ton travail?

Ce serait celle d’Antonioni, et plus particulièrement sa trilogie (La Notte, L’avventura, L’eclisse). Ces films proposent au spectateur des énigmes et sa façon de cadrer des espaces urbains,  des paysages, d’y placer des personnages, suggère leur intériorité alors que leurs attitudes restent muettes. Mes images sont des amorces de fiction d’un scénario à imaginer à partir du hors champ, dans lequel le paysage et l’espace construit auraient un rôle à part entière.

4- Photographier c’est…?

Photographier permet d’appréhender autrement ce qui nous entoure, à travers des déambulations qui ont comme unique but de regarder le réel. Souvent, on me demande où a été prise telle ou telle image car mes cadrages donnent peu d’informations. Les titres ne font pas allusion aux lieux photographiés et le travail n’a pas la volonté de les documenter.  Ce qui compte est qu’ils fassent partie du monde, afin de susciter un questionnement chez le spectateur.