M² : Elodie Boutry

L’Exposition « Un mètre carré » réunit dix artistes dont les œuvres ont été présentées ces quatre dernières années à l’Hôtel Élysées Mermoz.

Ces peintres sont concernés par l’abstraction et traitent de cette notion dans leur pratique. Chacun a été convié à proposer une ou plusieurs œuvres récentes, dont les dimensions n’excédent pas un mètre carré.

Deux ensembles de questions ont accompagné l’invitation :

1. Comment la peinture vous a-t-elle été transmise ? De quelle tradition procède votre pratique ? Êtes-vous attaché à la manualité, à la tactilité ?

2. Vous situez-vous comme un peintre abstrait ou de l’abstraction ou des abstractions ? Qu’est-ce qui définit pour vous cette inscription : le caractère et la présence physique de la peinture comme entité ? la manière dont la peinture est appliquée et comment elle fonctionne dans cette application ? le geste pictural en ce qu’il porte en lui-même sa condition d’image ?

Sans titre, gouache et crayon de couleur sur papier, 2013, 70 x 100 cm.

Sans titre, gouache et crayon de couleur sur papier, 2013, 70 x 100 cm

Voici les réponses d’Elodie Boutry et les oeuvres présentées lors de l’exposition :

Mon travail sur la répétition discontinue du motif a pour origine la visite d’une exposition d’Edouard Vuillard en 2003. Je garde le souvenir d’un petit tableau où le papier se confond avec les rideaux : dans le fond, un homme passe la tête à travers une porte entrouverte, camouflée avec les mêmes éléments. Pourquoi Vuillard n’a-t-il pas gommé la figure pour ne jouer qu’avec les volumes et les mêmes signes visuels ? J’ai commencé des peintures réitérant des formes souvent géométriques et intégrant des ruptures pour créer des compositions.

Avec des formes et des couleurs souvent par bichromie, j’interroge les relations entre peinture et espace. Les territoires que j’installe, déterminés par les caractéristiques ou les contraintes architecturales, combinent invasions, légèreté et efficacité. Les grands formats, la simplicité des matériaux (peinture acrylique), le style simplifié permettent l’appréhension immédiate de propositions visuelles aux frontières du décoratif : répétitions rythmées de formes simples, rayures, cercles, points, grilles, jeux de formes, contre-formes. Le motif abstrait favorise une mise à distance de l’image et de la réalité extérieure. Le rythme change, bascule ou en rencontre un autre, engendre des effets de rupture.

Plus récemment, j’ai éprouvé le besoin de perturber l’ordre de mes peintures. J’ai souhaité désorganiser les motifs, intégrer le hasard et composer avec. Je décidé de ne plus travailler en aplat pour corrompre la grille orthogonale et laisser la couleur s’échapper des formes géométriques. J’ai mis en place de nouvelles règles afin que la couleur sauvage s’empare de la composition et l’attaque. La gouache présentée à l’hôtel, réalisée lors d’une récente résidence en Corée, témoigne de cette évolution.

Le vernissage de l’Exposition « Un mètre carré »aura lieu le mercredi 26 juin de 19h à 21h. Exposition du 26 juin au 8 septembre 2013 à :

Hôtel Elysées Mermoz

30 rue Jean Mermoz

75008 Paris