M² : Jean-Marc Thommen

L’Exposition « Un mètre carré » réunit dix artistes dont les œuvres ont été présentées ces quatre dernières années à l’Hôtel Élysées Mermoz.

Ces peintres sont concernés par l’abstraction et traitent de cette notion dans leur pratique. Chacun a été convié à proposer une ou plusieurs œuvres récentes, dont les dimensions n’excédent pas un mètre carré.

Deux ensembles de questions ont accompagné l’invitation :

1. Comment la peinture vous a-t-elle été transmise ? De quelle tradition procède votre pratique ? Êtes-vous attaché à la manualité, à la tactilité ?

2. Vous situez-vous comme un peintre abstrait ou de l’abstraction ou des abstractions ? Qu’est-ce qui définit pour vous cette inscription : le caractère et la présence physique de la peinture comme entité ? la manière dont la peinture est appliquée et comment elle fonctionne dans cette application ? le geste pictural en ce qu’il porte en lui-même sa condition d’image ?

Peinture sur bois 2013 (technique mixte), 60x50cm

Peinture sur bois 2013 (technique mixte), 60x50cm

Improvisation 4, Atelier Blanc  (Villefranche de Rouergue) Juin 2013.

Mes peintures n’auraient pas cet aspect si elles n’étaient réalisées « à la main », voire « au corps » dans certaines situations. La préparation même de mes supports (apprêts, couleur de fond) procède de manipulations auxquelles je suis attentif ; c’est ainsi que je découvre la nature (toile, bois, papier…), les proportions et l’étendue du format sur lequel j’agirai bientôt. C’est très physique, matériel et bien réel. « Le réel, c’est quand ça cogne », disait Lacan. J’ai plutôt tendance à caresser mes surfaces, à les brosser lentement, mais « je m’y cogne ».

C’est à cette réalité-là que je reste sensible au regard des œuvres de mes prédécesseurs et de certains de mes contemporains. Celles de Bob Ryman, pour ne citer que lui, m’ont touchées lorsque j’étais encore étudiant aux Beaux-arts de Paris. Son économie plastique m’a montrée le point de rencontre entre la pensée et la matière, réalisé par le seul contact du pinceau sur la toile. Aucune autre technologie n’aurait pu mieux m’en convaincre.

« Peintre de l’abstraction » me convient, même si je me méfie de toute catégorie. Je m’y reconnais pour questionner un endroit qui ne réclame aucune idée et ne relève d’aucune image. C’est un phénomène, tantôt manifeste, tantôt indicible, que je perçois dans la pratique jusqu’à ce que le tableau ou le dessin s’imposent. Mes productions depuis quelques années se caractérisent par l’organisation de lignes courbes, fines ou plus larges, qui investissent une surface colorée. Elles proviennent d’une exécution relativement lente, ou tout du moins volontairement freinée par l’attention que je porte à chacun de mes gestes.

Chaque peinture est un nouveau lieu que je découvre mentalement. Objectiver ce qui procède d’une somme d’intuitions plastiques c’est bien, selon moi, peindre en abstraction.

Le vernissage de l’Exposition « Un mètre carré »aura lieu le mercredi 26 juin de 19h à 21h. Exposition du 26 juin au 8 septembre 2013 à :

Hôtel Elysées Mermoz

30 rue Jean Mermoz

75008 Paris