M² : Jérôme Boutterin

L’Exposition « Un mètre carré » réunit dix artistes dont les œuvres ont été présentées ces quatre dernières années à l’Hôtel Élysées Mermoz.

Ces peintres sont concernés par l’abstraction et traitent de cette notion dans leur pratique. Chacun a été convié à proposer une ou plusieurs œuvres récentes, dont les dimensions n’excédent pas un mètre carré.

Deux ensembles de questions ont accompagné l’invitation :

1. Comment la peinture vous a-t-elle été transmise ? De quelle tradition procède votre pratique ? Êtes-vous attaché à la manualité, à la tactilité ?

2. Vous situez-vous comme un peintre abstrait ou de l’abstraction ou des abstractions ? Qu’est-ce qui définit pour vous cette inscription : le caractère et la présence physique de la peinture comme entité ? la manière dont la peinture est appliquée et comment elle fonctionne dans cette application ? le geste pictural en ce qu’il porte en lui-même sa condition d’image ?

Ce n’est pas la peinture qui m’a pas été transmise, ce sont plutôt des postures vis-à-vis d’elle. L’époque de ma période de formation était très rétive à la notion de peinture, mes principaux enseignants privilégiaient davantage l’art corporel ou diverses formes d’installation ; d’une certaine façon tant mieux, cela forme à l’insatisfaction.

Je préfère mémoire à tradition. Je me sers de fragments d’une mémoire ; cela signifie que je peux regarder la peinture de Watteau autant que celle de Martin Barré. Ce qui peut les rendre proches, c’est une façon de tourner le dos avec élégance. Je privilégie une manualité, au sens où je prête un intérêt aux déviations et hiatus, entre main, corps et tête.

Ma peinture est passée plusieurs fois par des situations différentes : elle n’a pas représenté, elle a représenté, et puis elle n’a pas représenté. Je ne continue que pour dé-situer.

Exposer dans cet hôtel, participer à une expérience à l’opposé absolu de  la pièce blanche ne serait pas possible si j’accordais trop d’importance au fait de me situer. Il n’en reste pas moins une l’histoire de l’abstraction comme moment de liberté, qui justement défait une obligation. Cette histoire alimente certainement ma production.

Un geste pictural peut provoquer une image : celle-ci se greffe de toutes façons et on peut voir aussi un geste comme image de lui-même. Ce qui déjoue ou perturbe alors le statut d’image devient le travail entre ces gestes, simplement la façon de les disposer.

Le vernissage de l’Exposition « Un mètre carré »aura lieu le mercredi 26 juin de 19h à 21h. Exposition du 26 juin au 8 septembre 2013 à :

Hôtel Elysées Mermoz

30 rue Jean Mermoz

75008 Paris