M² : Soizic Stokvis

L’Exposition « Un mètre carré » réunit dix artistes dont les œuvres ont été présentées ces quatre dernières années à l’Hôtel Élysées Mermoz.

Ces peintres sont concernés par l’abstraction et traitent de cette notion dans leur pratique. Chacun a été convié à proposer une ou plusieurs œuvres récentes, dont les dimensions n’excédent pas un mètre carré.

Deux ensembles de questions ont accompagné l’invitation :

1. Comment la peinture vous a-t-elle été transmise ? De quelle tradition procède votre pratique ? Êtes-vous attaché à la manualité, à la tactilité ?

2. Vous situez-vous comme un peintre abstrait ou de l’abstraction ou des abstractions ? Qu’est-ce qui définit pour vous cette inscription : le caractère et la présence physique de la peinture comme entité ? la manière dont la peinture est appliquée et comment elle fonctionne dans cette application ? le geste pictural en ce qu’il porte en lui-même sa condition d’image ?

Circulations 120, 2010, impression numérique sur toile, diamètre 120 cm

La peinture m’a été transmise en la regardant. Dans mon enfance aux Pays-Bas, j’ai été saisie par la force des clairs obscurs des Rembrandt. Je plongeais dans les paysages « à strates », de Jacob van Ruysdael, cheminais dans les « percées » architecturales de Pieter de Hoog ou à travers la transparence de la lumière des intérieurs d’églises vides et néanmoins très habitées de Pieter Jaensz Saenredam. Les Mondrian ou les œuvres de Théo van Doesburg m’ont familiarisée avec l’abstraction et la transversalité de l’art et de l’architecture.

Je ne cherche pas à rattacher ma peinture à une tradition pictoriale. J’aime établir des passerelles entre l’abstraction et des références à la réalité : vues en plongée, perspectives, chantiers, paysages à strates, représentations ou concepts du monde technologique. La manualité de la pratique est un fait. Elle subsiste, quel que soit l’outil utilisé. La peinture au moyen de caches, par le biais de l’informatique, le procédé sérigraphique ou l’impression numérique réunit autant de procédés manuels. Bien que l’outil informatique dématérialise l’image et annule la notion de tactilité, celle-ci se retrouve au niveau de l’objet finalisé. La séparation entre peinture et tableau me semble possible. La peinture, en existant dans l’espace, ou débordant du cadre, prend une nouvelle dimension.

Je me situe comme un peintre d’abstraction. Je qualifie mes peintures d’objets. Leur caractère  physique reste évidemment important. De même, le ressenti physique que suscitent mes peintures murales me semble une composante essentielle de leur raison d’être. L’application de la peinture ou du pigment par imprimante ou la création des pixels se fait dans un processus de délimitation, d’écriture de paysages-lignes-territoires-tracés. Le geste ne compte pas dans ce processus, il n’en reste pas trace. Seul le résultat de la surface peinte ou colorée compte.

Le vernissage de l’Exposition « Un mètre carré »aura lieu le mercredi 26 juin de 19h à 21h. Exposition du 26 juin au 8 septembre 2013 à :

Hôtel Elysées Mermoz

30 rue Jean Mermoz

75008 Paris