M² : Soo Kyoung Lee

L’Exposition « Un mètre carré » réunit dix artistes dont les œuvres ont été présentées ces quatre dernières années à l’Hôtel Élysées Mermoz.

Ces peintres sont concernés par l’abstraction et traitent de cette notion dans leur pratique. Chacun a été convié à proposer une ou plusieurs œuvres récentes, dont les dimensions n’excédent pas un mètre carré.

Deux ensembles de questions ont accompagné l’invitation :

1. Comment la peinture vous a-t-elle été transmise ? De quelle tradition procède votre pratique ? Êtes-vous attaché à la manualité, à la tactilité ?

2. Vous situez-vous comme un peintre abstrait ou de l’abstraction ou des abstractions ? Qu’est-ce qui définit pour vous cette inscription : le caractère et la présence physique de la peinture comme entité ? la manière dont la peinture est appliquée et comment elle fonctionne dans cette application ? le geste pictural en ce qu’il porte en lui-même sa condition d’image ?

Bleuroi, 2013, acrylique sur toile, 116 x 89 cm. Photo Soo Kyoung Lee

Sans titre, 2013, Gouache et Feutre sur papier, 32 x 24 cm

Enfant, le dialogue des adultes autour de la  peinture, notamment sur la figure d’un tigre, m’a mis dans un état de non-compréhension. Les adultes ne ressentaient pas comme moi ce que représentait cet animal effrayant qui fixait des yeux tout en tournant le dos. Ce qui les intéressait était le pelage du tigre… Ils admiraient tant ce pelage si vif qu’ils le croyaient vivant. J’entendais dire que le peintre avait mis tellement d‘énergie et de force qu’il aurait été incarné par le tigre lui-même.

Ce rapport de l’entité (entre le peint et l’auteur) m’a toujours intrigué, de même que le décalage entre ce que nous interprétons et ce que nous voyons restent pour moi un mystère. Je crois que ces choses incompréhensibles au regard de l’enfant sont une des raisons qui m’ont conduite à m’aventurer dans de la peinture. Aujourd’hui, cet éternel questionnement s’est converti en une problématique motivante.

Le mot « tradition » résonne en moi de manière paradoxale dans le sens où je reconnais certains repères pour mieux m’en éloigner. Venant de l’Asie, j’ai beaucoup observé les œuvres sur papier. Elles exigent des gestes précis et des décisions rapides soumis à une matière qui ne peut tolérer ni reprises ni repentis. L’œuvre dépend essentiellement de la maîtrise du geste.  Mon souci plastique a dû se séparer de cette conception. Au contraire, je contrarie mes gestes dès qu’ils tendent à se répéter. Mon travail procède de multiples actions, que je répète pour mieux les différencier.

Le vernissage de l’Exposition « Un mètre carré »aura lieu le mercredi 26 juin de 19h à 21h. Exposition du 26 juin au 8 septembre 2013 à :

Hôtel Elysées Mermoz

30 rue Jean Mermoz

75008 Paris