Visite d’atelier : Guillaume Moschini

Entretien avec Guillaume Moschini qui expose ses peintures à l’Hôtel Elysées Mermoz du 28 février au 21 avril 2013.

Guillaume Moschini est peintre, il est né à Nîmes en 1970, vit et travaille à Paris. Il a étudié à l’école des BEAUX-ARTS de Nîmes et a bénéficié de l’enseignement de Claude Viallat et de Patrick Saytour.

ArtEnsuite : la peinture, tu es tombé dedans quand tu étais petit?

Guillaume Moschini :  Oui, en quelque sorte, on peut dire ça. Et je m’y suis baigné ! Vers l’âge de 8 ans j’allais souvent rendre visite à mon père le mercredi pendant ses cours aux Beaux-Arts, je m’installais dans un coin, avec une feuille, un morceau de fusain et je dessinais. A la maison avec mon frère on avait un atelier à nous, mon père nous déroulait du papier sur tous les murs de la pièce et on peignait toute la journée. On faisait aussi parfois de la gravure. Il fallait avoir un avis sur Picasso, Matisse ou Marcel Duchamp et bien d’autres encore. Même si on ne comprenait pas tout, ça nous faisait rire.

Qui sont les peintres qui t’ont influencé? Et Les rencontres qui t’on marqué?

Cobra! J’aimais bien le nom, j’étais tombé sur un bouquin de Karel Appel « Fenêtre «  qui m’avait beaucoup plu, avec plein de variantes autour de la fenêtre, des morceaux de bois peints assemblés, des cagettes en couleurs, ça m’avait beaucoup inspiré. Dans cette période de jeunesse, j’aimais aussi beaucoup Matisse, surtout pour les fenêtres et les couleurs.

Ensuite j’ai découvert Buraglio en allant au Musée Réattu d’Arles et ça m’avait marqué. J’étais aussi séduit par la peinture de Michel Duport et par ses châssis peints, et ses couleurs pourpre et mauve. Je l’ai connu dans l’enfance, c’était un ami de mes parents. C’est lui qui m’a tendu mes premières toiles.

Et bien sûr Claude Viallat qui était mon professeur aux Beaux-Arts avec qui j’ai beaucoup appris. C’est à ce moment là que je me suis intéressé à Support /Surface, à Daniel Dezeuze avec les gazes découpées et peintes, aux toiles abstraites de Vincent Bioulès, et à Marc Devade, entre autre.

Il y aussi quelques peintres américains comme Morris Louis, Kenneth Noland, Franck Stella, Sol Levitt, Helen Frankenthaler que je regarde souvent.

Justement, comment as-tu digéré l’influence de Support/Surface? Qu’en reste-il selon toi dans ton travail actuel?

Support/Surface est pour moi une référence forte qui m’a poussé à comprendre l’histoire de l’art. Ca faisait partie de mon quotidien, ça m’a encouragé à travailler avec peu de moyens, peu de matériel et sur n’importe quel support. Aujourd’hui ce mouvement fait partie de l’histoire et je pense qu’il a influencé de nombreux artistes moi y compris. Je connais bien Viallat, nous avons le même galeriste à Nîmes et je vais parfois lui rendre visite dans son atelier, il me donne quelques conseils qui me font avancer, c’est un artiste que je respecte beaucoup. Je cherche à travailler le plus simplement possible avec le moins d’outils, finalement voilà peut-être le lien qu’il me reste avec Support Surface.

Mais je m’aperçois aussi finalement que mes influences arrivent de partout. Je regarde beaucoup la peinture américaine et allemande, mais aussi les peintres français de ma génération et d’autres plus anciens!

Ton travail est très précis, pourtant tu n’utilises pas de scotch…

Je ne cherche pas forcément la perfection mais plutôt la justesse. Mon geste est radical et se débarrasse de toute réflexion, je cherche à peindre franchement.  J’aime cette tension. Même s’il n’y a pas de conséquences graves  j’ai souvent le trac quand je peins. Mais bon, rien n’est définitif, et je ne veux pas m’enfermer dans une routine. Qui sait, peut-être qu’un jour j’utiliserai du scotch!

Quelle est la place de l’inattendu, de l’improvisation dans ta peinture ?

Dans la couleur !

Tu as en parallèle un important travail de peinture sur papier. Dirais tu que ton travail actuel sur toile est issu de tes expériences sur papier?

Oui, je travaille aussi sur papier, en quantité, mais je jette beaucoup. Ca m’apporte une autre dimension le rendu est assez  immédiat et sans enjeu particulier, sauf quand je peins sur un très beau papier, là je joue un peu le côté pas « d’erreur possible » bien que l’erreur peut être bénéfique.

Le papier devient nécessaire quand je stagne par rapport à la toile et vis et versa, le fait de travailler avec des petits pinceaux me met dans une autre situation. En tout cas l’un a besoin de l’autre. Pour moi  le papier est un bon support.